Les relations humaines : une école de conscience

Les relations humaines, dont la complexité nous déconcerte parfois, sont au cœur de notre existence et englobent tous les liens que nous tissons avec les autres, qu’ils soient d’ordre familial, social, amoureux, professionnel, etc.

Voici quelques axes essentiels permettant de mieux les comprendre :

L’être humain est un être social qui manifeste son besoin de lien dès la naissance ; c’est tout d’abord une question de survie ; ce besoin d’attachement dans l’enfance est l’un des piliers du développement psychique, affectif et même biologique de l’être humain ; il s’agit d’un besoin aussi vital que celui de se nourrir ou de dormir, car ce lien va nous permettre de nous construire psychiquement et émotionnellement. Les relations vont nous servir de miroir pour nous découvrir peu à peu.

La communication verbale, tout comme la communication non verbale, jouent un rôle majeur. Savoir écouter et s’exprimer clairement, poser ses limites tout en sachant faire preuve d’empathie est fondamental pour établir et maintenir des relations saines et trouver le bon « dosage » n’est pas toujours facile. Ce bon dosage consiste à respecter à la fois son propre rythme et celui de l’autre, sans envahir ni s’effacer ; c’est la capacité à ajuster sa présence : ni trop, ni trop peu. Ce sont souvent les incompréhensions ou les projections qui sont à l’origine de conflits.

L’attachement et les blessures relationnelles

Nos premières expériences (notamment avec nos parents ou nos figures d’attachement) influencent notre façon de nous relier aux autres ; par exemple, un attachement insécure pendant l’enfance peut avoir des répercussions à l’âge adulte et conduire à des peurs d’abandon, de rejet ou des comportements de contrôle. Inversement, un attachement sain avec nos figures d’attachement au cours des premières années de vie favorisera la confiance et la liberté dans le lien.

Projection et miroir dans les relations

La projection, dans les relations humaines, est l’un des mécanismes les plus subtiles et les plus universels du psychisme. Les projections influencent profondément la façon dont nous percevons, aimons, jugeons et souffrons. Les relations humaines ont souvent tendance à nous renvoyer quelque chose au sujet de nous-mêmes et ce que nous voyons chez l’autre peut nous apporter des informations sur nous-mêmes. Nous projetons inconsciemment nos manques, nos blessures et nos idéaux sur les autres. Selon notre niveau de conscience, ce mécanisme peut être plus ou moins bien vécu et accepté et peut même perturber la relation. Les relations intimes constituent le terrain privilégié des projections, car elles activent nos parts les plus vulnérables.

Le principe du miroir est fondamental dans les relations : les autres ne nous montrent pas qui ils sont mais ce que nous avons besoin de voir de nous-mêmes à travers eux. Dans toute relation (amoureuse, familiale, amicale, professionnelle), l’autre agit comme un révélateur intérieur. Ce que nous admirons, jugeons, désirons ou reprochons chez l’autre résonne avec quelque chose en nous : soit une qualité que nous possédons mais que nous n’osons pas reconnaître, soit une blessure, une peur ou une part refoulée que nous refusons de voir. Le miroir relationnel est donc un outil de conscience : il nous permet de comprendre ce que nos réactions face à l’autre disent de notre monde intérieur.

Toute relation implique une certaine dynamique de pouvoir, même subtile. Le pouvoir dans une relation n’est pas seulement domination ou autorité, c’est aussi l’influence que chacun exerce sur l’autre : par sa parole, ses émotions, son statut, ou sa manière de se comporter. Il s’agit d’une énergie relationnelle qui peut être créatrice et équilibrée, quand elle circule librement, ou destructrice et aliénante, quand elle se fige dans un rapport de force. Qui décide ? Qui influence ? Qui dépend de qui ? Il est important de savoir repérer ces mouvements afin d’éviter les manipulations ou les rapports toxiques. Le pouvoir peut être explicite (parent-enfant ; employé-employeur) ; dans les couples ou les amitiés, l’un prend plus souvent des initiatives et des décisions, par exemple. Le pouvoir peut s’exercer aussi par la faiblesse, lorsqu’une personne se pose constamment en victime et fait culpabiliser l‘autre ; il peut prendre la forme du pouvoir affectif ou émotionnel, qui consiste à retirer son amour si l’autre ne fait pas ce que l’on désire.

Souvent, le pouvoir fait office d’armure pour ne pas se sentir vulnérable, ou il peut être une compensation ; il s’installe par peur de perdre l’autre, à cause de blessures d’enfance, par manque de confiance en soi, ou par besoin de sécurité. Cette dynamique de pouvoir peut entraîner des relations asymétriques, frustrantes ou aliénantes, des difficultés à poser des limites, de la culpabilité ou du ressentiment chez celui qui « subit », de l’isolement ou une dépendance affective.  Les frustrations issues des relations déséquilibrées sont parmi les souffrances les plus fréquentes et les plus formatrices de la vie psychique. Elles nous touchent dans notre besoin d’amour, de reconnaissance et de réciprocité.

La frustration naît quand le besoin d’équité, de reconnaissance et de réciprocité n’est pas respecté ; ces besoins fondamentaux, lorsqu’ils ne sont pas nourris, se transforment en douleur, colère ou vide intérieur. Les relations déséquilibrées engendrent de la colère rentrée, de la dévalorisation, de la fatigue émotionnelle et parfois un retrait défensif et une fermeture du cœur. Sur le plan symbolique, la relation déséquilibrée reflète souvent une dysharmonie intérieure : la polarité masculine (action, contrôle) ou féminine (réceptivité, passivité) domine l’autre.

L’authenticité et l’écoute sont comme les deux ailes de la rencontre véritable : l’une permet de se montrer tel que l’on est, l’autre d’accueillir l’autre tel qu’il est ; avec l’union de ces deux forces, la relation devient un espace de vérité et de croissance.  Il est nécessaire également d’apprendre à dire non, de développer l’assertivité, sans écraser l’autre, de favoriser le dialogue authentique et l’écoute réciproque et de travailler sur ses blessures personnelles qui peuvent nourrir ces déséquilibres. Il faut toujours garder en tête que dans une relation saine, le pouvoir circule, il est réparti entre les individus et il contribue à la croissance et l’épanouissement personnel ; le pouvoir ne doit jamais être utilisé pour dominer l’autre.

Les relations ne sont pas statiques et les gens peuvent changer ou évoluer au cours d’une vie. Les relations sans conflit sont rares et d’ailleurs une relation sans conflit ne signifie pas forcément qu’elle est de bonne qualité.  L’essentiel est de savoir traverser ces conflits avec la/les personne(s) concernées. Il est en tout cas nécessaire de pratiquer le pardon et l’humilité. Les relations ne sont pas figées mais vivantes et il faut savoir accepter le changement. Le choix des personnes que nous laissons entrer dans nos vies est également capital et peut faire toute la différence ; il est important d’être sélectif et de choisir des personnes qui nous élèvent et qui nous donnent envie de leur offrir le meilleur de nous-mêmes.

Comprendre les relations humaines, c’est reconnaître qu’elles ne sont jamais simples ni parfaites, mais profondément formatrices. Elles nous renvoient à nos blessures, nos besoins, nos peurs et nos forces. Elles nous apprennent la responsabilité émotionnelle, l’écoute, la tolérance, la réciprocité. Chaque interaction est une opportunité d’évoluer, de transformer nos automatismes en conscience, nos défenses en ouverture.

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