La maladie est souvent perçue comme un phénomène purement biologique, lié à des facteurs génétiques, environnementaux ou infectieux. Pourtant, de nombreuses approches s’intéressent également à la dimension émotionnelle et psychologique de la santé. Parmi elles, la lecture symbolique des maladies et le décodage biologique proposent d’explorer les symptômes comme de possibles expressions d’un vécu intérieur, d’émotions non exprimées ou de conflits personnels.
Bien que proches dans leur démarche, ces deux approches ne recouvrent pas exactement les mêmes concepts. La lecture symbolique invite à rechercher le sens qu’une maladie peut avoir dans le parcours d’une personne, tandis que le décodage biologique établit des liens plus spécifiques entre certains symptômes et des conflits émotionnels supposés. Toutes deux s’inscrivent dans une vision globale de l’être humain, où le corps et le psychisme sont étroitement liés.
Il est toutefois essentiel de distinguer ces approches des connaissances issues de la médecine fondée sur les preuves.
Si la recherche reconnaît l’influence du stress et des facteurs psychologiques sur la santé, les correspondances précises proposées par le décodage biologique ne sont pas validées scientifiquement. Ces approches peuvent néanmoins constituer pour certaines personnes, des outils d’introspection ou d’accompagnement, à condition qu’elles ne remplacent jamais un diagnostic, un suivi ou un traitement médical.
Dans cet article, vous aurez l’occasion de découvrir les principes de la lecture symbolique des maladies et du décodage biologique, leurs origines, leurs différences, leurs points de convergence, ainsi que les précautions à garder à l’esprit pour les aborder avec discernement.
Aux origines de la lecture symbolique des maladies
Lorsque le corps devient un langage
Depuis l’antiquité, de nombreuses traditions considèrent que le corps ne se limite pas à une simple mécanique biologique. Elles lui attribuent également une fonction d’expression, estimant que certains symptômes peuvent refléter des déséquilibres émotionnels, psychiques ou existentiels. C’est sur cette idée que repose la lecture symbolique des maladies, une approche qui invite à rechercher le sens qu’un symptôme ou une maladie peut avoir dans le vécu d’une personne.
Une vision globale de la personne
La lecture symbolique s’inscrit dans une approche holistique de la santé. Elle considère que les dimensions physique, émotionnelle, mentale et parfois spirituelle sont profondément interconnectées. Lorsqu’un déséquilibre apparaît dans l’une de ces sphères, il pourrait également se manifester dans les autres.
Dans cette perspective, le symptôme n’est pas seulement un problème à éliminer, mais aussi un message à comprendre. Il ne s’agit pas de nier les causes biologiques d’une maladie, mais de se demander si celle-ci peut également avoir une résonance particulière dans le parcours de vie de la personne.
Le symbole plutôt que la causalité
Contrairement à certaines approches plus affirmatives, la lecture symbolique ne cherche pas nécessairement à établir une relation de cause à effet entre une émotion et une maladie. Elle repose davantage sur la notion de symbole.
Le symbole est une image ou une représentation qui permet d’éclairer une expérience intérieure. Ainsi, un organe, une fonction du corps ou un symptôme peuvent être interprétés comme une métaphore (une comparaison imagée) de ce que traverse une personne à un moment donné de son existence.
Par exemple :
Les poumons sont parfois associés à la respiration, à la liberté ou à la capacité de prendre sa place.
Le cœur peut symboliser l’amour, les relations ou la joie de vivre.
Les articulations évoquent souvent la souplesse, le mouvement ou la capacité à s’adapter aux changements.
Ces correspondances ne constituent pas des vérités universelles. Elles représentent des pistes de réflexion dont la pertinence dépend toujours de l’histoire, du contexte et du ressenti de chacun.

Une démarche d’introspection
La lecture symbolique des maladies ne cherche pas à poser un diagnostic médical. Elle propose avant tout un travail d’introspection.
Le praticien ou la personne elle-même peut s’interroger sur différentes questions :
-Que se passait-il dans ma vie lorsque le symptôme est apparu, ou que s’est-il passé au cours des quelques mois avant l’apparition du symptôme ?
-Quelles émotions ai-je vécues à cette période ?
-Existe-t-il un conflit, une peur ou une difficulté que je n’ai pas pu exprimer ?
-Mon corps cherche-t-il à attirer mon attention sur un besoin que j’ai négligé ?
Ces interrogations n’ont pas pour objectif de trouver une réponse unique, mais d’ouvrir un espace de réflexion favorisant une meilleure connaissance de soi.
Une approche présente dans de nombreuses traditions
L’idée que le corps exprime des dimensions psychiques n’est pas propre à la lecture symbolique moderne. On retrouve des conceptions similaires dans plusieurs traditions thérapeutiques et philosophiques.
Les racines de la lecture symbolique des maladies sont donc anciennes, mais sa forme moderne s’est construite progressivement au croisement de la psychologie, de la psychosomatique, de la philosophie et de certains courants de médecine alternative. Il est préférable de parler de précurseurs plutôt que de fondateurs, car il n’existe pas une seule école ni une théorie unifiée.
Les précurseurs
Sigmund Freud : les premiers liens entre le psychisme et le corps
À la fin du XIXème siècle, Sigmund Freud (1856-1939) est l’un des premiers à étudier les manifestations corporelles pouvant être liées à des conflits psychiques. À travers ses travaux sur l’hystérie, il montre que certaines souffrances physiques peuvent survenir sans lésion organique identifiable et traduire un conflit inconscient.
Même si Freud ne développe pas une lecture symbolique des maladies au sens actuel, il ouvre la voie à une compréhension du corps comme possible expression de la vie psychique.
Carl Gustav Jung : le langage des symboles
Carl Gustav Jung (1875-1961) approfondit cette réflexion en accordant une place centrale aux symboles dans le fonctionnement de l’inconscient.
Pour Jung, les symptômes peuvent être envisagés comme des manifestations porteuses de sens, susceptibles d’éclairer le cheminement intérieur d’une personne. Son approche de l’individuation, des archétypes et de l’inconscient collectif influencera durablement les approches symboliques de la maladie.
De nombreux auteurs contemporains s’inspirent de sa manière d’interpréter les images, les rêves et les manifestations du corps comme des expressions symboliques de la psyché.
La psychosomatique : une approche scientifique des interactions corps-esprit
À partir des années 1930, plusieurs médecins et psychiatres développent la psychosomatique, discipline qui étudie les interactions entre les facteurs psychologiques et les maladies physiques.
Parmi les figures importantes, citons :
–Franz Alexander (1891-1964), qui étudie les liens entre certains profils émotionnels et différentes maladies ;
–Flanders Dunbar (1902-1959), pionnière de la médecine psychosomatique qui s’intéresse aux relations entre personnalité et pathologies.
–Pierre Marty (1918-1993), en France, qui développe une approche clinique approfondie des troubles psychosomatiques.
Contrairement aux approches symboliques contemporaines, la psychosomatique scientifique ne prétend pas que chaque maladie possède une signification symbolique universelle. Elle cherche plutôt à comprendre comment les facteurs psychiques peuvent influencer le fonctionnement du corps.
Les médecines traditionnelles
Bien avant l’apparition de la psychologie moderne, plusieurs traditions médicales considéraient déjà que les émotions influençaient la santé.
La médecine traditionnelle chinoise associe depuis des siècles certains organes à des émotions particulières ;
La médecine ayurvédique, originaire de l’Inde, envisage la maladie comme le résultat d’un déséquilibre global entre le corps, l’esprit et l’environnement.
Ces traditions n’utilisent pas le concept de « lecture symbolique » au sens moderne, mais elles ont largement inspiré les approches holistiques contemporaines.
Le décodage biologique : l’importance du conflit émotionnel
Le décodage biologique (aussi appelé biologie totale des êtres vivants ou biologie du sens), désigne un ensemble d’approches qui cherchent à établir un lien entre des conflits émotionnels, des vécus psychologique et l’apparition de symptômes ou de maladies.
Les racines historiques du décodage biologique
Les origines du décodage biologique se situent surtout dans les années 1970-1990, à la croisée de plusieurs courants :
La psychosomatique et la médecine corps-esprit
Avant le décodage biologie, la médecine psychosomatique s’intéressait déjà aux interactions entre le psychisme et le corps. Des médecins et chercheurs ont étudié comment le stress, les émotions ou les traumatismes pouvaient influencer certains processus physiologiques.
La « Nouvelle Médecine Germanique » de Ryke Geerd Hamer
Les théories du docteur Hamer (1935-2017), développées dans les années 1980, ont influencé le décodage biologique. Selon Hamer, toute maladie grave serait déclenchée par un choc émotionnel intense, inattendu et vécu dans l’isolement, appelé « conflit biologique », qui provoquerait une modification dans le cerveau, avec des traces visibles au scanner. Ce médecin prétendait que la localisation de ces zones (appelées « foyers/anneaux de Hamer ») permettait de déterminer la nature du conflit psychique, l’organe concerné et la phase de la maladie.
Les études et évaluations scientifiques disponibles n’ont toutefois pas établi que les « anneaux de Hamer » constituent un marqueur reproductible d’un conflit psychologique ou qu’ils permettent de prédire une maladie d’organe.
Claude Sabbah et la « biologie totale »
Dans les années 1990, le médecin français Claude Sabbah (né en 1954) a développé la Biologie Totale des Êtres vivants, qui a contribué à populariser en France des concepts proches du décodage biologique.
Cette approche propose que :
-un symptôme aurait un « sens » lié à une histoire personnelle ;
-le corps exprimerait symboliquement un conflit vécu ;
Retrouver l’origine émotionnelle supposée pourrait aider à la résolution du problème.
La diffusion du « décodage biologique »
Par la suite, différents praticiens ont développé leurs propres variantes sous des noms comme :
–« décodage biologique des maladies » ;
–« décodage émotionnel » ;
–« biologie du sens ».
Des auteurs et formateurs ont proposé des « correspondances » entre organes et thèmes émotionnels (par exemple : peau et séparation, gorge et expression, etc.). Ces correspondances varient beaucoup selon les écoles et ne sont pas établies scientifiquement.

Un public attiré par la recherche de sens
La lecture symbolique des maladies et le décodage biologique attirent principalement des personnes qui cherchent :
-une compréhension plus globale de la maladie ;
-un lien entre leur histoire personnelle et leur corps ;
-une approche complémentaire à la médecine classique :
-une manière de donner du sens à une épreuve de santé.
Ce public se retrouve souvent dans les milieux intéressés par les approches de développement personnel, la psychologie intégrative, les pratiques corps-esprit ou les médecines non conventionnelles.
Les raisons du succès de ces approches
Le succès de ces méthodes s’explique en partie par des besoins humains très répandus :
-la difficulté à accepter une maladie sans explication personnelle ;
-le désir d’être considéré comme une personne entière et pas seulement comme un diagnostic ;
-la recherche d’un rôle actif dans son parcours de santé.
Ces attentes ne sont pas spécifiques au décodage biologique : on les retrouve aussi dans des approches reconnues comme l’éducation thérapeutique du patient, la psychologie de la santé ou les soins de support.
Malgré une certaine visibilité médiatique et commerciale, la lecture symbolique des maladies et le décodage biologique restent des approches de niche comparées à la médecine conventionnelle.
Les institutions de santé soulignent notamment l’absence de preuves scientifiques établissant leur efficacité et insistent sur le fait que ces approches ne doivent pas remplacer des traitements médicaux validés.
Les figures contemporaines associées à ces approches
À partir des années 1980, plusieurs auteurs popularisent l’idée que les maladies peuvent posséder une dimension symbolique.
Parmi les plus connus figurent notamment :
–Thorwald Dethlefsen (1946-2010),psychologue et psychothérapeute et Rüdiger Dahlke (né en 1951),médecin(Allemagne), auteurs de « La maladie est un chemin », qui proposent une interprétation symbolique des symptômes comme outils d’évolution personnelle.
–Jacques Martel (né en 1950, Québec), médecin, connu pour son « Grand dictionnaire des malaises et des maladies », qui rassemble de nombreuses interprétations symboliques des symptômes.
–Louise Hay (1926-2017, États-Unis),qui popularise des correspondances entre pensées, émotions et maladies dans « Guérir votre vie », est devenue l’une des figures les plus connues du mouvement New Thought (Nouvelle Pensée) et du développement personnel.
–Lise Bourbeau (née en 1941, Québec), qui développe une lecture des maladies fondée sur les cinq blessures émotionnelles (rejet, abandon, humiliation, trahison, injustice) et les besoins affectifs. Son livre le plus connu est « Les cinq blessures qui empêchent d’être soi ».
Ces auteurs ont largement contribué à diffuser la lecture symbolique auprès du grand public. Toutefois, leurs interprétations reposent principalement sur des modèles théoriques ou des observations personnelles et ne font pas consensus dans la communauté scientifique.
En France, des thérapeutes, des médecins ou infirmiers de formation, se sont spécialisés dans la lecture symbolique/ le décodage biologique des maladies ; ils ont également écrit des ouvrages sur ces thèmes.
Voici quelques noms parmi les plus connus :
Philippe Dransart : la maladie comme langage et chemin de transformation
Médecin, homéopathe et phytothérapeute, Philippe Dransart (né en 1947) est l’un des auteurs francophones qui ont le plus contribué à développer une approche symbolique de la maladie. Depuis les années 1990, il explore les liens entre les symptômes physiques, les émotions et le parcours de vie de la personne à travers de nombreux ouvrages consacrés au sens de la maladie.
Au cœur de sa démarche se trouve une idée simple : la maladie est un langage. Selon lui, le corps exprime, à travers ses symptômes, des tensions intérieures ou des souffrances qui n’ont pas trouvé d’autre moyen de se dire. Il ne s’agit pas seulement de rechercher la cause biologique d’une maladie, mais aussi de s’interroger sur ce qu’elle révèle du vécu émotionnel de la personne.
Contrairement à certaines approches du décodage biologique qui établissent des correspondances relativement fixes entre chaque maladie et un conflit émotionnel, Philippe Dransart insiste sur la singularité de chaque histoire. Pour lui, le symptôme ne possède pas une signification universelle : il prend son sens dans le contexte personnel, les émotions, les croyances et les expériences propres à chacun. La même maladie peut ainsi revêtir une signification différente selon les individus.
L’un des concepts centraux de son travail est celui du « corps comme métaphore ». Les sensations corporelles, la localisation du symptôme et les expressions spontanées utilisées par le patient (« J’ai un poids sur les épaules », « Je ne peux plus avancer », « Cela me ronge ») constituent selon lui, des indices permettant d’accéder au vécu intérieur. Le rôle du thérapeute est alors d’accompagner la personne dans l’exploration de ces images plutôt que de leur attribuer une interprétation toute faite.
Philippe Dransart considère également que la maladie est une opportunité de transformation. Sans nier la souffrance qu’elle entraîne, il la décrit comme un processus pouvant inviter la personne à revisiter certaines blessures, à modifier son regard sur elle-même ou sur son histoire, et à retrouver une forme de cohérence intérieure. Cette vision est particulièrement développée dans ses ouvrages « La maladie cherche à me guérir » et « La guérison, une traversée ».
Son approche se distingue enfin par une volonté de complémentarité avec la médecine. Il rappelle que la compréhension symbolique ne remplace ni le diagnostic, ni les traitements médicaux, mais qu’elle peut accompagner la prise en charge en offrant un espace d’écoute et de réflexion sur l’expérience vécue de la maladie.
Christian Flèche : la maladie comme l’expression d’un conflit émotionnel à décoder
Christian Flèche occupe une place importante dans l’histoire du décodage biologique ; il est l’un des principaux diffuseurs et théoriciens francophones de cette approche. Infirmier de formation et psychothérapeute, il a développé depuis les années 1990 une approche qu’il qualifie de décodage biologique, visant à explorer les liens entre les symptômes physiques, les émotions et l’histoire de vie.
La notion de conflit est centrale dans l’approche de Christian Flèche. Dans son modèle de décodage biologique, il considère que la maladie ou le symptôme serait une réponse du corps à un conflit émotionnel vécu comme intense, souvent associé à un ressenti de choc, de stress ou d’impuissance. Le travail consiste alors à rechercher le conflit biologique ou émotionnel qui aurait précédé l’apparition du symptôme et à en comprendre le vécu subjectif.
Christian Flèche considère la maladie comme l’expression d’un conflit émotionnel non résolu auquel le corps chercherait à s’adapter. Pour lui, le terme « conflit » ne désigne pas seulement un désaccord avec quelqu’un ; il renvoie plutôt à une expérience intérieure de tension ou de contradiction, vécue par la personne comme une situation difficile à gérer. Cette notion vient notamment du cadre théorique du décodage biologique, qui s’inspire en partie des travaux de Ryke Geerd Hamer, même si Christian Flèche a développé sa propre approche et sa propre pédagogie.
Christian Flèche s’inspire également de plusieurs influences, notamment de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) et de certaines approches psychothérapeutiques. Ses ouvrages et ses formations ont largement contribué à faire connaître le décodage biologique dans les pays francophones.Son approche s’inscrit dans une vision globale de l’être humain, où le corps est considéré comme un support d’expression de l’inconscient et de l’histoire émotionnelle. Elle est utilisée par de nombreux praticiens comme outil d’accompagnement personnel ou thérapeutique.
Il convient toutefois de rappeler que les correspondances spécifiques entre maladies et conflits émotionnels proposées par le décodage biologique, y compris celles développées par Christian Flèche, ne sont pas validées par des preuves scientifiques solides. Elles relèvent d’un cadre interprétatif et ne doivent pas être considérées comme des explications médicales établies ni se substituer à un diagnostic ou à un traitement.
Salomon Sellam : la psychosomatique clinique et la dimension transgénérationnelle
Le Docteur Salomon Sellam (né en 1955) est un médecin français qui a consacré une grande partie de ses travaux à l’étude des liens entre les maladies, les émotions et l’histoire familiale. Formé à la médecine psychosomatique, il développe à partir des années 1990 une approche qu’il nomme psychosomatique clinique, dans laquelle les symptômes physiques sont envisagés comme l’expression de conflits psychiques personnels, mais aussi de mémoires familiales inconscientes.
L’une des originalités de son travail est d’avoir intégré la psychogénéalogie à la lecture symbolique des maladies. Selon lui, certaines difficultés de santé, comportements ou schémas de vie peuvent être influencés par des événements marquants vécus par les générations précédentes : deuils, traumatismes, exclusions ou drames restés sans élaboration. Ces événements laisseraient une empreinte dans l’histoire familiale susceptible de se manifester chez ses descendants.
Parmi les concepts les plus connus développés par Salomon Sellam figure le « syndrome du gisant ». Il désigne la situation d’une personne qui, selon son modèle, s’identifierait inconsciemment à un membre de sa famille décédé de manière prématurée ou dans des circonstances particulièrement douloureuses. Cette identification pourrait, selon lui, influencer certains choix de vie, des blocages ou des manifestations psychosomatiques. Ce concept est largement diffusé dans ses ouvrages consacrés à la psychogénéalogie.
Dans sa pratique, Salomon Sellam invite à explorer plusieurs niveaux de compréhension d’un symptôme :
-son éventuelle dimension biologique et médicale ;
-son contexte émotionnel personnel ;
-sa signification symbolique ;
-les événements marquants de l’histoire familiale susceptibles d’éclairer son apparition.
Cette approche accorde une place importante à l’arbre généalogique, aux dates anniversaires, aux répétitions familiales et aux liens entre générations, dans l’objectif de mieux comprendre les conflits inconscients qui pourraient être à l’origine de certaines difficultés.
Auteur prolifique, Salomon Sellam a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels « Origines et prévention des maladies », « Le syndrome du gisant », « L’encyclopédie des états d’âme à l’origine de nos maladies », et la collection « Lorsque l’esprit influence le corps », qui explore les différentes familles de pathologies sous l’angle de la psychosomatique clinique.
L’approche de Salomon Sellam s’inscrit dans le courant des médecines complémentaires et de la psychogénéalogie. Si les interactions entre les facteurs psychologiques et la santé sont étudiées par la psychosomatique scientifique, les concepts spécifiques qu’il développe, notamment ceux relatifs aux mémoires transgénérationnelles et au « syndrome du gisant », ne font pas l’objet d’un consensus scientifique et ne sont pas validés par des preuves cliniques solides. Ils constituent un cadre d’interprétation utilisé par certains praticiens, sans se substituer au diagnostic ou au traitement médical.
Salomon Sellam utilise les dates anniversaire : selon lui, certains symptômes ou événements marquants de vie peuvent apparaître
-à la même date qu’un événement marquant vécu par un ancêtre (naissance, décès, accident, deuil…)
-au même âge qu’un parent ou un grand-parent lors d’un événement traumatique ;
-lors de périodes qu’il appelle des cycles biologiques mémorisés, où l’histoire familiale pourrait, selon son modèle, être réactivée.
Il est important de préciser que le syndrome d’anniversaire, tel qu’il est utilisé enpsychogénéalogie, n’est pas considéré comme un phénomène scientifiquement démontré. Les observations rapportées reposent principalement sur des études de cas, des récits cliniques et des interprétations thérapeutiques. Il n’existe pas de preuves solides établissant un lien causal entre les dates anniversaires familiales et l’apparition de maladies ou d’événements de vie.
Anne Ancelin Schützenberger (1919-2018), psychologue et psychothérapeute française, est la principale théoricienne du syndrome d’anniversaire en psychogénéalogie ; Salomon Sellam a largement développé et appliqué cette notion à l’étude symbolique des maladies et des symptômes.
Michel Odoul : une approche psycho-énergétique de la lecture symbolique des maladies
Michel Odoul (né en 1953), est un auteur, praticien en shiatsu (technique manuelle de bien-être, née au Japon), conférencier et fondateur de l’Institut Français de Shiatsu. Formé aux techniques orientales énergétiques orientales, à la médecine traditionnelle chinoise et à la psychologie occidentale, il a développé une approche originale qu’il appelle la psycho-énergétique, au croisement des traditions orientales et de la psychologie contemporaine.
Il est surtout connu pour son ouvrage « Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi », publié en 1994, devenu un best-seller dans le domaine des approches complémentaires. Cet ouvrage a largement contribué à faire connaître au grand public la lecture symbolique des maladies en France.
Le corps comme messager
Au cœur de la pensée de Michel Odoul se trouve l’idée que le corps exprime ce que la conscience ne parvient pas toujours à dire. Les douleurs, les maladies ou les traumatismes ne sont pas envisagés uniquement comme des dysfonctionnements biologiques, mais aussi comme des manifestations d’un déséquilibre plus global touchant la personne dans ses dimensions physique, émotionnelle, psychique et énergétique.
Selon lui, le symptôme constitue un message qu’il convient d’écouter plutôt que de faire taire immédiatement. Comprendre ce message permettrait d’accompagner plus profondément le processus de guérison.
La notion de « chemin de vie »
L’une des originalités de Michel Odoul est de relier les symptômes à la notion de chemin de vie. Inspiré par la médecine traditionnelle chinoise, il considère que la maladie peut apparaître lorsqu’une personne s’éloigne de son équilibre profond ou rencontre un obstacle dans son développement personnel. Pour lui, la maladie est le message d’un déséquilibre entre le corps, les émotions et le chemin de vie.
Dans cette perspective, le symptôme n’est ni une punition ni une fatalité. Il représente une tentative du corps de signaler qu’un ajustement est nécessaire afin de retrouver un meilleur équilibre intérieur.
Une approche fondée sur la psycho-énergétique
Contrairement au décodage biologique, Michel Odoul ne cherche pas systématiquement un conflit émotionnel précis à l’origine de chaque maladie. Son approche repose davantage sur l’observation des interactions entre :
-les émotions ;
-les schémas psychologiques ;
-la circulation de l’énergie selon la médecine traditionnelle chinoise ;
-le vécu personnel ;
-la fonction symbolique des différentes parties du corps.
Cette lecture est fortement influencée par les concepts de méridiens, d’équilibre énergétique et de relation entre les organes et les émotions issus de la tradition chinoise, tout en intégrant des références à la psychologie occidentale.
Une vision complémentaire de la médecine
Michel Odoul insiste sur le fait que son approche n’a pas vocation à remplacer la médecine conventionnelle. Pour lui, la compréhension symbolique vient compléter le diagnostic médical en aidant la personne à donner du sens à ce qu’elle traverse.
Ses travaux s’adressent au grand public ainsi qu’aux professionnels de santé et du bien-être. Il intervient notamment dans des formations destinées à des praticiens de différentes disciplines afin de développer une approche plus globale de la relation d’aide.
Les limites de son approche
La psycho-énergétique proposée par Michel Odoul s’inscrit dans le champ des approches complémentaires. Si les liens entre le stress, les émotions et la santé sont étudiés par la médecine psychosomatique, les interprétations symboliques spécifiques qu’il propose ne sont pas validées par des preuves scientifiques. Elles constituent avant tout une grille de lecture destinée à favoriser la réflexion personnelle et ne remplacent ni un diagnostic ni un traitement médical.
Olivier Soulier : « la médecine du sens »
Médecin de formation et acupuncteur, le Docteur Oliver (1956-2023) Soulier a consacré plus de quarante ans à l’étude des liens ente le corps, les émotions et la signification des maladies. Il est le créateur de la Médecine du Sens, une approche qui considère le symptôme non seulement comme une manifestation biologique, mais aussi comme un message révélant la dynamique profonde de la personne.
Comprendre le sens plutôt que rechercher une cause
Contrairement aux approches du décodage biologique centrées sur la recherche d’un conflit émotionnel spécifique, Olivier Soulier s’intéresse avant tout au sens de la maladie. Selon lui, chaque symptôme s’inscrit dans une histoire de vie et participe à un processus d’évolution de la personne.
Il considère que le corps a une logique propre, héritée de son développement embryologique, et que cette logique permet d’éclairer la fonction symbolique des organes, des tissus et des maladies. Son objectif n’est pas seulement d’expliquer pourquoi une maladie apparaît, mais de comprendre ce qu’elle invite la personne à transformer dans son existence.

L’embryologie comme clé de lecture
L’une des originalités de son travail réside dans l’importance accordée à l’embryologie. Olivier Soulier estime que le développement embryonnaire révèle la fonction profonde des organes et permet d’en comprendre la dimension symbolique.
Il établit ainsi des liens entre l’origine embryologique d’un tissu, son rôle biologique, sa signification psychologique et son expression clinique. Cette approche distingue sa méthode de nombreuses autres lectures symboliques des maladies.
Une vision intégrative
La Médecine du Sens intègre de nombreuses influences : la médecine conventionnelle, l’homéopathie, l’acupuncture, la médecine traditionnelle chinoise, la psychologie, la programmation neuro-linguistique, ainsi que la pensée symbolique. Olivier Soulier s’est également inspiré des travaux de la théologienne et écrivaine Annick de Souzenelle (1922-2024), avec laquelle il a collaboré pendant de nombreuses années.
Dans cette perspective, la maladie n’est pas uniquement perçue comme un dysfonctionnement à supprimer, mais comme une étape pouvant contribuer à une meilleure compréhension de soi et à une évolution personnelle.
Une approche complémentaire
Olivier Soulier insistait sur le fait que la compréhension symbolique ne devait pas remplacer la prise en charge médicale. Sa démarche visait à compléter l’approche clinique en offrant une lecture supplémentaire du vécu de la maladie.
Comme les autres approches de la lecture symbolique, la Médecine du Sens relève d’un cadre interprétatif. Si les interactions entre les facteurs psychologiques et la santé sont étudiées par la psychosomatique, les interprétations symboliques spécifiques proposées par Olivier Soulier ne sont pas validées par un consensus scientifique et ne constituent pas des explications médicales établies.
Marc Fréchet : les cycles biologiques et le projet-sens
Marc Fréchet (1947-1998) était un psychologue et chercheur français qui s’est intéressé aux liens entre les événements marquants de la vie, les maladies et l’histoire familiale. Ses travaux ont profondément influencé le développement de la psychogénéalogie appliquée à la santé et certaines approches du décodage biologique.
Les cycles biologiques mémorisés
L’une de ses principales contributions est la théorie des cycles biologiques mémorisés. Selon Marc Fréchet, les événements émotionnels importants vécus au cours de la vie laisseraient une empreinte susceptible de se réactiver à intervalles réguliers ou à des moments clés de l’existence.
Il observait que certaines personnes traversaient des difficultés, développaient des symptômes ou vivaient des changements significatifs à des âges correspondant à des événements marquants de leur propre histoire ou de celle de leur famille.
Cette théorie a ensuite été reprise et développée par plusieurs auteurs de psychogénéalogie.
Le projet-sens
Marc Fréchet est également connu pour avoir développé le concept de projet-sens.
Selon cette idée, l’enfant serait influencé, dès sa conception et pendant la grossesse, par les attentes conscientes ou inconscientes de ses parents, leur contexte émotionnel et les événements qu’ils traversent. Ce « projet » initial pourrait orienter certaines tendances, comportements ou difficultés rencontrées plus tard dans la vie.
Le projet-sens ne correspond pas à un destin figé, mais à une dynamique dont la personne pourrait progressivement prendre conscience, puis transformer.
Une influence sur le décodage biologique
Les travaux de Marc Fréchet ont inspiré plusieurs figures du décodage biologique, notamment Claude Sabbah et Salomon Sellam, qui ont intégré les notions de cycles biologiques et de projet-sens dans leurs propres modèles.
Ses recherches ont également contribué à renforcer l’intérêt porté aux répétitions familiales, aux dates anniversaire et aux événements transgénérationnels dans les approches psychosomatiques contemporaines.
Une approche interprétative
Les concepts développés par Marc Fréchet relèvent d’une approche clinique et interprétative. À ce jour, les théories des cycles mémorisés et du projet-sens ne sont pas validées par un consensus scientifique. Elles constituent des outils de réflexion utilisés par certains praticiens en psychogénéalogie et en accompagnement thérapeutique, sans se substituer aux connaissances établies de la psychologie et de la médecine.
Pierre-Jean Thomas Lamotte : la compensation symbolique
Pierre-Jean Thomas-Lamotte (né en 1948), médecin neurologue français, ancien praticien hospitalier, a développé une théorie qu’il appelle la compensation symbolique ou symbolique des maladies. Selon lui, de nombreuses maladies, accidents ou symptômes physiques sont l’expression symbolique d’un conflit psychique inconscient, souvent lié à un « non-dit », une séparation ou une souffrance émotionnelle refoulée.
Le docteur Thomas Lamotte avance que :
-chaque organe ou partie du corps possède une valeur symbolique ;
-un conflit psychologique non résolu peut être « compensé » par le cerveau sous la forme d’un symptôme ou d’une maladie ;
-le fait d’identifier le conflit émotionnel permettrait de favoriser la guérison ou de prévenir les récidives.
Par exemple, il interprète certaines maladies comme étant liées à des thèmes tels que : la séparation, la culpabilité, la perte de territoire, la dévalorisation, les non-dits.
Cette approche s’inscrit dans un courant proche de la psychosomatique, mais va beaucoup plus loin en attribuant une signification symbolique spécifique à la maladie.
Ses livres séduisent de nombreux lecteurs parce qu’ils proposent : une manière de donner du sens à la maladie, une vision globale reliant le corps, les émotions et l’histoire personnelle, ainsi que de nombreux cas cliniques qui rendent la lecture concrète.

Pour conclure…
Si la lecture symbolique ou le décodage biologique peuvent constituer des outils de développement personnel ou d’accompagnement thérapeutique, ils ne remplacent en aucun cas la médecine conventionnelle.
À ce jour, la recherche scientifique reconnaît que les facteurs psychologiques, tels que le stress chronique ou certains traumatismes, peuvent influencer la santé et l’évolution de certaines maladies. En revanche, il n’existe pas de preuves scientifiques démontrant qu’une maladie possède une signification symbolique universelle ou qu’un symptôme correspond systématiquement à un conflit émotionnel précis.
Toutes ces approches ont cependant en commun l’idée que le corps ne se limite pas à sa dimension biologique. Elles peuvent aider certaines personnes à mieux comprendre leur vécu et à donner du sens à leur expérience, à condition d’être utilisées avec discernement, sans culpabiliser les malades et sans se substituer à un diagnostic ou à un traitement médical.
Il s’agit de faire une distinction essentielle : utiliser ces approches comme une grille de lecture personnelle est très différent de les considérer comme des explications démontrées des causes des maladies.

