Le symbole, médiateur entre l’invisible et le visible

Comment définir un symbole ?

Un symbole est une image, un objet, un geste, un mot ou une figure qui représente autre chose que ce qu’il représente directement. Le symbole établit de ce fait un pont entre ce qui est visible et ce qui est invisible, entre la réalité concrète et une réalité plus profonde, souvent psychologique, spirituelle, ou culturelle.

Quelles sont les fonctions d’un symbole ?

Un langage inconscient

Ce langage exprimé par le symbole n’est pas toujours compris par notre esprit mais notre inconscient le reconnaît, c’est la raison pour laquelle les rêves, les mythes et les contes sont peuplés de symboles, permettant d’accéder à des couches plus profondes de notre psyché. Le psychanalyste Carl Jung considérait le symbole comme un moyen privilégié d’expression de l’inconscient collectif.

Un médiateur entre le monde extérieur et le monde intérieur

Il permet de donner forme à ce qui est invisible, indicible ou abstrait. Le symbole est un pont entre le monde intérieur (psychique, spirituel, imaginal) et le monde extérieur (matériel, social, historique). Il unit deux réalités qui, autrement, resteraient séparées ; il est le lieu de rencontre entre une réalité sensible et une réalité invisible. Par exemple, une flamme n’est pas seulement du feu : elle peut évoquer l’esprit, l’amour, la présence divine.

Un outil de transformation

Dans une démarche thérapeutique, le travail avec les symboles permet de transformer les blessures, de redonner du sens, d’intégrer des parties de soi souvent oubliées ou refoulées.

Un ancrage spirituel et culturel

Les symboles sont porteurs d’un héritage culturel et permettent de nous connecter à des traditions anciennes, dans des domaines tels que les arts, les religions, la philosophie. Ils nous relient à quelque chose de plus grand que nous.

Les grandes familles symboliques 

Les symboles du monde et de la totalité

Le cercle est un symbole de perfection, d’unité, d’éternité, du cycle de la vie. Il est présent dans les mandalas bouddhistes, les auréoles chrétiennes, les roues solaires celtes, la médecine amérindienne. Le cercle symbolise le Tout, ce qui n’a ni début ni fin.

La spirale représente le mouvement, la croissance, l’évolution, le retour à soi. Elle est présente dans l’art néolithique, les coquilles, les galaxies, les empreintes digitales. Elle évoque le chemin de transformation : du centre vers le monde, puis le retour vers le centre.

La croix symbolise l’intersection du céleste et du terrestre. Elle est présente dans le christianisme, mais aussi en Égypte, avec la croix ansée (ankh), la croix solaire celte. La croix unit les opposés : esprit/matière, haut/bas, masculin/ féminin.

Les symboles de la vie et de la transformation

L’arbre représente la vie, le lien entre le ciel, terre et monde souterrain. Il est présent dans l’arbre de vie de la Kabbale, l’Yggdrasil nordique, l’arbre du paradis biblique.

L’eau est source de vie, elle symbolise la purification, l’inconscient, la fécondité. Elle est présente dans le baptême chrétien, le Gange hindou, les fontaines et les sources sacrées. Elle symbolise la renaissance et la transformation intérieure.

Le feu symbolise l’esprit, la connaissance, la destruction et le renouvellement. Il est associé au Prométhée grec, à l’Agni hindou et au buisson ardent biblique. Le feu symbolise la lumière de la conscience qui transforment la matière brute.

Les symboles cosmiques

Le soleil symbolise la vie, la clarté, le pouvoir créateur, la conscience. Il est associé au dieu Râ de l’Égypte antique, à Apollon en Grèce, à Inti chez les Incas. Il est le principe masculin, celui qui éclaire et féconde.

La lune symbolise le rythme, l’intuition, le mystère, la féminité. Elle est liée aux cultes lunaires anciens, aux vierges mariales, aux déesses comme Isis ou Artémis. Elle incarne le principe féminin et le mouvement cyclique.

L’étoile symbolise l’orientation, l’espérance, la lumière intérieure. Elle est associée à l’étoile de Bethléem, le pentagramme pythagoricien, les symboles chamaniques. Elle guide dans la nuit de l’inconscient, vers la connaissance.

Les symboles de dualité et de transformation

Le serpent symbolise la mort et la renaissance, la guérison, le savoir caché. Il est associé au caducée grec, au serpent d’Eve, à l’ouroboros (serpent qui se mord la queue). Il est ambivalent : destructeur ou régénérateur, il figure le pouvoir vital.

L’ouroboros représente l’éternel retour, le cycle du temps, l’unité des contraires. Il est présent en Égypte ancienne, dans l’alchimie et le gnosticisme.

Le dragon représente la force primordiale, le chaos, le gardien du trésor intérieur. Il est présent dans les mythes européens (dragon à vaincre), chinois (puissance bénéfique), bibliques. Il représente l’énergie du monde, à dompter ou à intégrer.

Les symboles de l’esprit et de la transcendance

L’oiseau représente le messager entre ciel et terre, la liberté, l’esprit. Il est associé à la colombe du Saint-Esprit, le phénix, l’aigle impérial. L’oiseau incarne la dimension spirituelle de l’être humain.

La montagne symbolise l’axe du monde, le lieu sacré, l’ascension spirituelle. Elle est associée au Mont Sinaï, dans la Bible, à l’Olympus, à Kailash, au Mont Fuji. C’est le chemin vers la lumière, la quête d’union avec le divin.

Le centre/mandala symbolise le point d’équilibre, le cœur du monde, l’unité intérieure. Il est associé au mandala tibétain, aux labyrinthes, aux rosaces gothiques. Il est le symbole du soi, du lieu où tout converge et d’où tout émane.

Les symboles et l’identité nationale

Les drapeaux, les hymnes, les emblèmes, servent à rassembler un peuple autour d’une identité commune. Ils expriment les éléments essentiels de l’histoire, de la culture, des luttes, des espoirs d’un pays ; prenons l’exemple du drapeau français, dont les couleurs symbolisent la liberté, l’égalité et la fraternité. Pour citer un autre exemple, l’aigle représente un symbole de puissance dans de nombreux pays, comme par exemple aux États-Unis, en Allemagne, ou à Rome).

La mémoire collective

Un symbole permet de transmettre la mémoire d’un événement ou d’une période : guerre, indépendance, révolte, etc. Il rappelle les sacrifices, les douleurs ou les triomphes d’un peuple.

La cohésion sociale

Les symboles peuvent jouer un rôle d’unificateur puissant face aux divisions internes (conflits sociaux, politiques, culturels) et permettent aux individus de se sentir appartenir à une même communauté.

L’affirmation dans le monde

Ils deviennent les ambassadeurs d’un pays à l’étranger et deviennent des marques diplomatiques, culturelles et géopolitiques. Ils constituent des repères dans l’imaginaire mondial.

Quelques exemples de symboles à travers le monde :

La statue de la Liberté, symbole d’accueil et de liberté aux États-Unis.

Les pyramides de Gizeh en Égypte, symbole de l’éternité entre ciel et terre.

Le Mont Fuji, au Japon, symbole de pureté, d’élévation spirituelle, du lien avec les dieux.

Le dragon impérial, en Chine, symbole de puissance, de prospérité et d’énergie vitale.

La matrioshka, en Russie, symbole de l’intériorité, de la continuité, de la maternité.

Le Union Jack, au Royaume-Uni, symbole de l’unité des nations britanniques.

La Sagrada Familia, en Espagne, symbole de foi, de créativité et de mysticisme.

Le Cristo Redentor (statue de Rio) au Brésil, symbole de foi, d’accueil, d’humanité.

Les symboles sont donc des condensés de mémoire, d’identité et d’émotion. Ils ne sont toutefois pas figés et peuvent changer au fils du temps ; ils peuvent également faire l’objet de contestations (par exemple, les symboles hérités de régimes totalitaires) ou être récupérés ou détournés à des fins politiques, idéologiques ou commerciales.

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